TVA en micro-entreprise en 2026 : seuils, franchise et conséquences
Lorsqu’on crée une micro-entreprise, une idée revient souvent :
« Je suis micro-entrepreneur, donc je ne facture pas de TVA. »
Ce n’est pas tout à fait exact.
Une micro-entreprise peut bénéficier de la franchise en base de TVA, mais ce régime dépend de seuils spécifiques.
Il est donc possible de rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA.
Comprendre cette différence est essentiel pour éviter les erreurs de facturation et les mauvaises surprises.
À lire aussi : notre guide pour créer une micro-entreprise en 2026.
1. Qu’est-ce que la franchise en base de TVA ?
La franchise en base permet à une entreprise de ne pas facturer la TVA à ses clients tant qu’elle respecte les conditions correspondantes.
Dans ce cas :
- vous ne facturez pas de TVA ;
- vous ne reversez pas de TVA collectée ;
- vous ne récupérez pas la TVA payée sur vos achats.
Vos factures doivent alors comporter la mention adaptée à la franchise en base de TVA.
La franchise en base simplifie fortement la gestion au démarrage, mais elle ne signifie pas que la TVA ne vous concernera jamais.
2. Les seuils de TVA en 2026
Les seuils de franchise en base de TVA dépendent de votre activité.
Activités de vente
Seuil de base
85 000 €
Seuil majoré
93 500 €
Prestations de services
Seuil de base
37 500 €
Seuil majoré
41 250 €
Ces seuils concernent la TVA.
Ils ne doivent pas être confondus avec les plafonds permettant de rester sous le régime micro.
3. Seuils de TVA et plafonds micro : deux choses différentes
En 2026, les plafonds du régime micro sont de :
Les seuils de TVA sont donc plus bas.
Cela signifie qu’un entrepreneur peut :
- rester sous le régime micro ;
- continuer à bénéficier de la comptabilité simplifiée du régime micro ;
- tout en devenant redevable de la TVA.
C’est une distinction essentielle.
4. Que se passe-t-il lorsqu’on devient redevable de la TVA ?
À partir du moment où vous devenez redevable de la TVA, votre fonctionnement change.
Vous devez notamment :
- facturer la TVA à vos clients ;
- faire apparaître les montants HT, TVA et TTC sur vos factures ;
- déclarer la TVA collectée ;
- reverser la TVA due ;
- pouvoir récupérer la TVA sur certaines dépenses professionnelles selon les règles applicables.
La TVA collectée ne constitue pas un revenu.
Elle doit être considérée comme une somme destinée à être reversée à l’administration.
5. Exemple simple
Imaginons une prestation vendue 1 000 € HT, avec une TVA à 20 % :
Les 200 € de TVA collectés ne constituent pas votre chiffre d’affaires HT.
Ils devront être traités selon les règles applicables à la TVA.
6. Pourquoi la TVA peut avoir un impact sur vos prix ?
L’impact dépend beaucoup de votre clientèle.
Si vos clients sont des professionnels assujettis à la TVA
Ils peuvent généralement récupérer la TVA.
Le passage à la TVA est donc souvent moins sensible commercialement.
Si vos clients sont principalement des particuliers
La situation peut être différente.
Si vous facturiez auparavant 100 € sans TVA, vous devez décider :
si vous passez votre prix à
120 € TTC
ou si vous conservez un prix final de
100 € TTC
et absorbez une partie de la TVA dans votre marge.
Ce choix peut avoir un impact direct sur votre rentabilité.
C’est pour cette raison que la TVA doit être anticipée dans la politique tarifaire.
7. Peut-on récupérer la TVA sur ses achats ?
Lorsque vous êtes en franchise en base : non, vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats.
Lorsque vous devenez redevable de la TVA, vous pouvez sous certaines conditions récupérer la TVA déductible sur certaines dépenses professionnelles.
Cela peut notamment concerner :
- du matériel ;
- certains logiciels ;
- certaines prestations ;
- certains achats professionnels.
La récupération de TVA dépend toutefois des règles applicables à chaque dépense.
8. Pourquoi certains entrepreneurs choisissent-ils volontairement la TVA ?
Dans certaines situations, rester en franchise en base n’est pas forcément le choix le plus intéressant.
Par exemple :
- activité principalement B2B ;
- investissements importants ;
- nombreux achats soumis à TVA ;
- développement rapide prévu ;
- volonté d’éviter un changement de prix ultérieur.
Il est donc possible, dans certains cas, d’opter volontairement pour la TVA même sans avoir dépassé les seuils.
Ce choix doit être étudié en fonction du modèle économique du projet.
9. Attention au suivi du chiffre d’affaires
L’une des principales erreurs consiste à regarder son chiffre d’affaires uniquement au moment de la déclaration URSSAF.
Pour la TVA, il est important de suivre régulièrement l’évolution de votre chiffre d’affaires.
Vous devez pouvoir savoir :
- où vous en êtes par rapport aux seuils ;
- si vous vous rapprochez du seuil de base ;
- si vous dépassez le seuil majoré ;
- à partir de quand vos obligations changent.
Un suivi mensuel permet d’éviter de découvrir la situation trop tard.
10. TVA et facturation
Lorsque vous êtes en franchise en base, vos factures doivent refléter cette situation.
Lorsque vous devenez redevable, votre facturation doit évoluer.
Il faut notamment adapter :
- les mentions ;
- les montants HT ;
- les taux de TVA applicables ;
- les montants de TVA ;
- les totaux TTC.
Un logiciel de facturation adapté permet de limiter les erreurs.
11. La TVA n’est pas une charge sociale
La TVA est parfois confondue avec les cotisations URSSAF.
Ce sont deux mécanismes totalement différents.
Cotisations sociales
Elles sont calculées sur votre chiffre d’affaires selon votre activité.
TVA
Elle est collectée auprès du client puis reversée selon les règles applicables.
Elle ne remplace pas les cotisations sociales.
Un micro-entrepreneur redevable de la TVA continue donc à payer ses cotisations sociales.
Pour comprendre le calcul des cotisations : charges et cotisations d’une micro-entreprise en 2026.
12. Les erreurs fréquentes autour de la TVA
Penser qu’un micro-entrepreneur ne facture jamais de TVA
La franchise en base dépend de seuils.
Confondre seuils TVA et plafonds micro
Ce sont deux limites différentes.
Attendre le dépassement pour réfléchir aux prix
La TVA doit être anticipée avant d’atteindre les seuils.
Considérer la TVA collectée comme du revenu
Cette somme doit être isolée et destinée au paiement de la TVA.
Oublier d’adapter ses factures
Les mentions et calculs changent lorsqu’on devient redevable.
Ne pas suivre son chiffre d’affaires
Un suivi régulier permet d’éviter les mauvaises surprises.
Vous voulez voir l’impact de la TVA dans une activité réelle ?
Lire les seuils est une première étape.
Mais lorsqu’on construit son propre projet, les questions deviennent rapidement plus concrètes :
- À quel moment dois-je anticiper la TVA ?
- Dois-je modifier mes prix ?
- Quel impact sur ma marge ?
- Que se passe-t-il si mon chiffre d’affaires augmente rapidement ?
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DÉCOUVRIR LES ACCOMPAGNEMENTSQuestions fréquentes
Un micro-entrepreneur facture-t-il toujours sans TVA ?
Non.
Il peut bénéficier de la franchise en base de TVA tant qu’il respecte les conditions correspondantes.
Peut-on rester micro-entrepreneur tout en facturant la TVA ?
Oui.
Les seuils de TVA et les plafonds du régime micro sont différents.
Peut-on récupérer la TVA en franchise en base ?
Non.
Tant que vous êtes en franchise en base, vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats.
La TVA fait-elle partie du chiffre d’affaires ?
La TVA collectée n’est pas un revenu destiné à rester dans l’entreprise.
Elle doit être traitée selon les règles applicables à la TVA.
Faut-il attendre le dépassement du seuil pour préparer la TVA ?
Non.
Il est préférable d’anticiper les conséquences sur les prix, la facturation et la trésorerie avant d’atteindre les seuils.