Charges et cotisations d’une micro-entreprise en 2026 : combien allez-vous réellement payer ?
La micro-entreprise est souvent présentée comme un régime simple : vous réalisez du chiffre d’affaires, vous en déclarez le montant et vos cotisations sont calculées automatiquement.
C’est vrai.
Mais lorsqu’on démarre, une question revient très souvent :
« Si je facture 2 000 €, combien me reste-t-il réellement ? »
Pour répondre correctement, il faut distinguer plusieurs éléments : cotisations sociales, impôt, dépenses professionnelles, TVA éventuelle et autres frais liés à l’activité.
Ce guide vous permet de comprendre les principaux mécanismes.
Vous préparez votre lancement ? Consultez aussi notre guide pour créer une micro-entreprise en 2026.
1. Les cotisations sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé
En micro-entreprise, les cotisations sociales sont calculées directement sur le chiffre d’affaires effectivement encaissé.
Cela signifie que :
- vous ne payez pas vos cotisations sur vos bénéfices ;
- vos dépenses professionnelles ne viennent pas réduire la base de calcul ;
- si vous ne réalisez aucun chiffre d’affaires, vous ne payez pas de cotisations sociales calculées sur le CA.
Cette simplicité est l’un des principaux avantages du régime micro.
Mais elle implique aussi de bien anticiper ses prix et ses dépenses.
2. Les principaux taux de cotisations en 2026
Le taux dépend de la nature de votre activité.
Vente de marchandises — BIC
du chiffre d’affaires
Pour 2 000 € de chiffre d’affaires encaissé :
2 000 € × 12,3 % = 246 € de cotisations
Il reste donc :
1 754 €
avant impôt et autres dépenses
Prestations de services commerciales ou artisanales — BIC
du chiffre d’affaires
Pour 2 000 € de chiffre d’affaires encaissé :
2 000 € × 21,2 % = 424 € de cotisations
Il reste donc :
1 576 €
avant impôt et autres dépenses
Activités libérales — BNC
du chiffre d’affaires
Pour 2 000 € de chiffre d’affaires encaissé :
2 000 € × 25,6 % = 512 € de cotisations
Il reste donc :
1 488 €
avant impôt et autres dépenses
3. Chiffre d’affaires ne veut pas dire revenu
C’est l’une des erreurs les plus fréquentes chez les nouveaux micro-entrepreneurs.
Encaisser 3 000 € dans le mois ne signifie pas gagner 3 000 €.
Sur ce chiffre d’affaires, il faudra encore financer notamment :
- les cotisations sociales ;
- l’impôt sur le revenu ;
- les achats ;
- les logiciels ;
- les assurances ;
- la communication ;
- les frais bancaires ;
- les déplacements ;
- le matériel ;
- les éventuels frais de plateforme ;
- les autres dépenses nécessaires à votre activité.
Le montant qui reste réellement disponible dépend donc fortement de votre activité.
4. Les dépenses professionnelles ne sont pas déduites des cotisations
Contrairement à certains régimes réels, le régime micro ne permet pas de déduire vos dépenses professionnelles réelles pour calculer vos cotisations sociales.
Prenons un exemple
Vos cotisations ne seront pas calculées sur :
3 000 € - 1 200 € = 1 800 €
Elles seront calculées sur les 3 000 € de chiffre d’affaires encaissé.
C’est un point essentiel lorsqu’une activité nécessite beaucoup d’achats, de matériel ou de sous-traitance.
5. Et l’impôt sur le revenu ?
Les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu sont deux choses différentes.
Dans le régime classique de la micro-entreprise, l’administration fiscale applique un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires afin d’estimer votre revenu imposable.
Les principaux abattements sont :
Vos dépenses professionnelles réelles ne sont donc pas déduites une par une.
6. Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu
Sous certaines conditions, un micro-entrepreneur peut opter pour le versement libératoire.
Dans ce cas, un pourcentage supplémentaire est payé en même temps que les cotisations sociales.
Les taux sont :
Exemple en BIC prestations de services
Pour 2 000 € encaissés :
2 000 € × 22,9 % = 458 €
Le versement libératoire n’est cependant pas automatiquement le meilleur choix. Son intérêt dépend de votre situation fiscale personnelle.
7. Combien garder de côté ?
Il n’existe pas un pourcentage universel adapté à toutes les micro-entreprises.
Cela dépend notamment :
- de votre activité ;
- de votre taux de cotisations ;
- de votre situation fiscale ;
- de vos dépenses ;
- de votre TVA éventuelle ;
- de votre besoin de trésorerie.
L’erreur consiste à attendre la déclaration URSSAF pour découvrir ce qu’il reste réellement.
Une bonne pratique consiste à isoler régulièrement une partie des encaissements destinée aux cotisations, à l’impôt et aux autres obligations.
8. Mensuel ou trimestriel : le montant final ne change pas
Lors de votre activité, vos déclarations de chiffre d’affaires peuvent être effectuées selon la périodicité applicable à votre situation.
Le principe reste le même :
vos cotisations correspondent à un pourcentage du chiffre d’affaires déclaré.
La différence porte surtout sur la fréquence des paiements et donc sur la gestion de votre trésorerie.
Une déclaration moins fréquente peut donner l’impression de disposer de davantage d’argent sur son compte.
Mais une partie de cette somme appartient déjà, en quelque sorte, à vos futures cotisations.
9. Et la TVA ?
La TVA ne doit pas être confondue avec les cotisations sociales.
Une micro-entreprise peut bénéficier de la franchise en base de TVA.
Dans ce cas :
- elle ne facture pas la TVA ;
- elle ne la reverse pas ;
- elle ne récupère pas la TVA sur ses achats.
En 2026, les seuils de franchise sont notamment :
Vente
seuil de base : 85 000 €
seuil majoré : 93 500 €
Prestations de services
seuil de base : 37 500 €
seuil majoré : 41 250 €
Il est possible de rester sous le régime micro tout en devenant redevable de la TVA.
Les plafonds micro et les seuils de TVA sont donc deux notions différentes.
Pour aller plus loin : la TVA en micro-entreprise en 2026.
10. Exemple complet : combien reste-t-il sur 3 000 € ?
Prenons un micro-entrepreneur en prestation de services BIC qui réalise 3 000 € de chiffre d’affaires.
avant prise en compte de son impôt sur le revenu.
Cet exemple montre pourquoi il est dangereux de considérer le chiffre d’affaires comme un salaire.
11. Le vrai enjeu : fixer ses prix correctement
Lorsque vous fixez vos tarifs, vous ne devez pas seulement vous demander :
« Combien vaut ma prestation ? »
Vous devez également intégrer :
- vos cotisations ;
- vos dépenses ;
- votre temps non facturable ;
- vos congés ;
- votre prospection ;
- votre administration ;
- votre impôt ;
- votre marge de sécurité.
Un tarif trop faible peut générer du chiffre d’affaires tout en laissant très peu de revenu réel.
12. Les erreurs fréquentes autour des charges
Calculer les cotisations sur le bénéfice
En micro-entreprise, elles sont calculées sur le chiffre d’affaires.
Dépenser l’intégralité des encaissements
Une partie devra financer les cotisations, l’impôt et les autres obligations.
Oublier les dépenses professionnelles
Même si elles ne sont pas déductibles pour les cotisations, elles réduisent bien votre revenu réel.
Confondre cotisations sociales et impôt
Ce sont deux prélèvements distincts.
Ne pas anticiper la TVA
Une évolution du chiffre d’affaires peut modifier votre situation vis-à-vis de la TVA.
Fixer ses prix sans faire de simulation
Un tarif qui semble correct peut devenir insuffisant une fois toutes les charges prises en compte.
Vous voulez voir concrètement l’impact de vos décisions ?
Comprendre les taux est utile.
Mais lorsqu’on construit son propre projet, les questions deviennent rapidement plus concrètes :
- Combien dois-je facturer ?
- Quel chiffre d’affaires dois-je viser ?
- Quel budget puis-je consacrer à mes dépenses ?
- Que se passe-t-il si mon activité se développe ?
C’est précisément l’objectif d’Objectif Micro.
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DÉCOUVRIR LES ACCOMPAGNEMENTSQuestions fréquentes
Les cotisations sont-elles calculées sur le chiffre d’affaires ou le bénéfice ?
En micro-entreprise, les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé.
Les dépenses professionnelles réelles ne sont pas déduites avant ce calcul.
Que se passe-t-il si je fais 0 € de chiffre d’affaires ?
Si vous ne réalisez aucun chiffre d’affaires, vous ne payez pas de cotisations sociales calculées sur le chiffre d’affaires.
La déclaration reste néanmoins obligatoire selon votre périodicité.
Puis-je déduire mes achats avant de payer l’URSSAF ?
Non.
Vos achats et dépenses professionnelles ne réduisent pas la base utilisée pour calculer vos cotisations sociales en micro-entreprise.
Les cotisations URSSAF comprennent-elles l’impôt sur le revenu ?
Non.
Cotisations sociales et impôt sur le revenu sont deux éléments différents, sauf fonctionnement spécifique du versement libératoire qui permet de régler l’impôt en même temps que les cotisations.
Dois-je garder de l’argent de côté pour l’URSSAF ?
Oui, il est conseillé d’anticiper les cotisations dès l’encaissement afin de ne pas considérer l’intégralité du chiffre d’affaires comme disponible.